Transferts, chirurgies, formations : l’entraide entre centres de soins, un réflexe quotidien chez les soigneurs

©Centre de soins de Charente Nature
Catégories : Les centres de soins faune sauvage
Publics : Journaliste, Citoyen, Acteur associatif
Départements : Charente [16]

Un centre de soins de la faune sauvage ne peut pas tout faire seul. Au Centre de sauvegarde de la faune sauvage de Torsac en Charente, plusieurs animaux accueillis cette année ont poursuivi leur rétablissement dans d’autres centres, mieux équipés ou plus spécialisés. Un goéland et une chouette en sont les exemples récents.

Un goéland pris en charge à Torsac, transféré au Marais aux oiseaux

©Centre de soins de Charente Nature

Cet été 2026, un goéland a été accueilli au centre de l’association Charente Nature à Torsac (16). Trouvé errant à la Palmyre par des charentais en week-end, il était particulièrement maigre et affaibli. Il a été réhydraté et réalimenté progressivement par l’équipe sur place. Après plusieurs semaines de suivi, l’animal avait retrouvé toute sa vigueur et son énergie. L’heure était venue pour lui de passer à l’étape suivante : la réhabilitation en volière ! Torsac n’ayant pas les infrastructures extérieures adaptées aux oiseaux marins, la décision a été prise de contacter les soigneurs du Marais aux oiseaux en Charente-Maritime pour savoir si un transfert était envisageable. Dans les jours qui ont suivi, l’animal prenait la route avec un bénévole de Charente Nature afin de rejoindre une volière adaptée et ainsi, poursuivre sa réhabilitation.

Une chouette confiée au CSFS Poitevine pour une chirurgie

Début septembre, le centre a accueilli une chouette effraie percutée par une voiture. Le diagnostic est tombé : double fracture, de l’humérus et des métacarpes. Ce type de fracture délicate nécessite la pose d’une broche par un vétérinaire spécialisé. Or, à l’heure actuelle, le centre de sauvegarde de Torsac ne dispose pas de partenaire vétérinaire ayant cette compétence. C’est donc tout naturellement que les soigneuses se sont tournées vers Lydia Bourdeau, responsable capacitaire du Centre de Soins de la Faune Sauvage Poitevine (CSFSP) près de Châtellerault (86), avec qui elles échangent régulièrement. Le CSFSP a fait une demande auprès de son vétérinaire spécialisé en orthopédie afin qu’il reçoive la chouette pour une chirurgie. Trois jours plus tard, l’animal a été transféré dans la Vienne pour y être opéré. L’opération s’est bien passée et le pronostic de la chouette est encourageant. La broche posée par le vétérinaire a été récemment retirée, elle va donc passer en volière de réhabilitation puis retrouver le milieu naturel.

©Centre de soins de Charente Nature

Une entraide indispensable entre centres

Chaque centre de soins a ses compétences et espèces qu’il est autorisé à accueillir, ses spécialités et ses installations, et aucun ne peut répondre seul à tous les besoins de la faune sauvage. C’est pourquoi le centre de Charente Nature n’hésite pas, chaque année, à solliciter ses collègues d’autres départements lorsqu’un cas demande une expertise particulière. 

©Centre de soins de Charente Nature

Ces deux cas ne sont que des exemples récents parmi tant d’autres. En 2026, le centre de Torsac a transféré 11 animaux et en a accueilli 5 des autres centres. Ces dernières années, les soigneuses du centre ont souvent aussi fait appel à SOS Faune Sauvage 87 en Haute-Vienne pour des transferts, notamment pour des problèmes ophtalmologiques ou orthopédiques. Cette collaboration se retrouve aussi sur le terrain : le territoire du département de la Dordogne ne disposant pas de son propre centre de soins, il est couvert conjointement par les centres limitrophes, à savoir : la LPO Aquitaine, le centre de Tonneins, SOS Faune Sauvage 87, la Belette et le centre de sauvegarde de Charente Nature. L’entraide passe également par le partage de savoir-faire : l’équipe du centre de Torsac a par exemple été formée aux entures (greffes de plumes) au centre de Paloume dans les Landes.

Enfin, cette solidarité fonctionne dans les deux sens : cet hiver, pendant la crise des macareux moines accueillis en grand nombre, totalement affaiblis à cause des tempêtes, le centre de Charente Nature a soulagé le centre Hegalaldia (Pyrénées-Atlantiques) afin que son équipe puisse concentrer son énergie sur la gestion de l’urgence.

Ces échanges reposent sur la confiance et la coopération entre les équipes. En Nouvelle-Aquitaine, les centres ont la chance de former un réseau solidaire, dynamique et soudé. Pouvoir échanger sur des problématiques communes, être conseillés par des confrères et rendre la pareille le moment venu est un véritable atout dans ce domaine. Malgré des différences de protocoles, et de fonctionnement, le monde des centres de soins reste animé par l’entraide, où chacun poursuit le même objectif : porter secours à la faune sauvage.