Discordance entre productions de recherche et impacts médiatiques à propos de biodiversité et de changement climatique.

Notre maison brule…

Ces quelques mots débutant le discours de Jacques Chirac, président de la République française, en ouverture de son discours à l’assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre le 2 septembre 2002 à Johannesburg, en Afrique du Sud, ont été repris dans le titre d’un récent article rédigé par seize universitaires québécois, titre dont la traduction française pourrait être « Notre maison brûle : discordance entre la couverture médiatique et la littérature scientifique consacrées au changement climatique et à la biodiversité« .

Figure 1 : Évolution du nombre annuel d’articles scientifiques publiés à l’échelle mondiale de 1992 à 2016 dans les revues de recherche (en vert biodiversité, en marron changement climatique ; x 1000)

Ces chercheurs ont réalisé une étude comparative de la littérature scientifique et des articles de presse traitant du changement climatique et de la biodiversité entre 1991 et 2016 aux États-Unis, Canada et Royaume-Uni. Ils ont constaté que la couverture médiatique du changement climatique était huit fois plus élevée que celle de la biodiversité sans qu’un tel écart puisse s’expliquer par des productions scientifiques différentes puisque, comme le montre la figure 1, l’écart entre les publications de recherche est inférieur à 2. Ils ont également remarqué que la couverture médiatique sur le changement climatique était souvent liée à des événements spécifiques, comme les réunions du GIEC ou des crises climatiques exceptionnelles, ce qui n’est pas retrouvé pour la biodiversité.

Selon eux, une stratégie internationale de communication s’impose d’urgence pour sensibiliser le public aux questions de biodiversité. Leur analyse leur a permis de proposer diverses pistes d’actions pour que les chercheurs puissent mieux valoriser les travaux et communiquer leurs découvertes majeures au public et aux décideurs. Parmi ces pistes, certaines concernent des efforts de sensibilisation en direction des médias à réaliser par les chercheurs eux-mêmes, d’autres des modifications d’organisation de transfert des résultats de recherche (par exemple, intégrer la recherche sur la biodiversité dans le cadre du changement climatique ou créer une plateforme intergouvernementale sur le changement global).

 

Pour en savoir plus :

– consulter la synthèse de cet article rédigé par Jean-François Silvain, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement et président de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité.

l’article original en accès libre